Archives de Catégorie: News

Victoire sur la barbarie nazie : en Moldavie, la fête est déjà commencée :)

La victoire de la civilisation sur la fabrique de l’horreur sera fêtée le 9 mai, comme tous les ans.

En Moldavie, certains jeunes ont déjà commencé à honorer soldats et partisans : une sympathique manifestation a eu lieu au centre ville, aujourd’hui, 4 mai. Un grand ruban de la Victoire a été déployé tout le long de la place principale, en face du palais du Gouvernement.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Moldavie a participé à l’écrasement du fascisme par l’Armée rouge. Ici, on sait se souvenir de ceux qui ont donné tant de sang et de larmes pour que, aujourd’hui, on puisse fêter leur victoire avec le sourire.

En 2009 (déjà !), j’avais publié un petit reportage sur le fête du 9 mai à Chișinău. J’y mentionnais la forte impression que m’avait laissée la reconnaissance exprimée pour les anciens, y compris par les plus jeunes. Vous pouvez lire ce reportage sur le 9 mai ici (et découvrir les photos). J’espère vous en proposer un nouveau dans quelques jours.

La tradition du Ruban de St Georges (ruban de la Victoire), à bandes oranges et noires (de gueules et de sable, diraient d’autres…) se développe d’année en année. Ce ruban est porté à la boutonnière, sur la sangle d’un sac, au poignet, dans les cheveux… pour célébrer à la fois la joie de la Victoire et le souvenir des combattants qui l’ont permise. On le voit aussi attaché au rétroviseur ou à l’antenne des voitures. J’espère qu’en France on verra bientôt ce symbole, à l’approche de l’anniversaire de la Victoire.

Après la manifestation, de petits groupes se sont répartis dans la ville, proposant des rubans à ceux, nombreux, qui souhaitaient les porter.

Quelques photos :

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Publicités

16 mars en Moldavie : un président, une manif des communistes et une manif d’extrême-droite. Photos.

Après trois ans sans président, le parlement moldave vient d’en élire un. Soixante-deux députés sur 101 ont voté pour Nicolae Timofti. Il en fallait 61, tout semble donc aller pour le mieux. À un détail près, la loi imposait la dissolution de la Chambre il y a quelques semaines, car elle n’avait pas élu de président à temps. Le parti Des Communistes (et non pas le Parti communiste, auto-dissout il y a des lustres) et quelques autres de moindre importance, considèrent donc, avec certains arguments légaux, que cette élection est anticonstitutionnelle car la Chambre n’avait plus de droit de siéger et encore moins de prendre une décision d’une telle importance.

À la suite de cette élection, il y a eu (au moins) trois manifestations aujourd’hui. Tout d’abord, ce matin, quelques centaines de personnes (deux mille selon les organisateurs), dont certaines très agressives, se sont réunies pour soutenir la décision du Parlement. Je suis arrivé trop tard sur le site qui était encore protégé par des barrières. La police anti-émeutes, que je voyais pour la première fois en Moldavie, était encore présente, bien que cachée dans un parking fermé. Leur tenue de protection de style « samouraï » faisait ressembler les fonctionnaires à de menaçants insectes géants. Il y avait aussi une équipe de policiers en civil sur place, une discrète oreillette transparente attestant de leur fonction, et quelques téléjournalistes.

Manifestations à Chisinau.

En fin de matinée, le barriérage est encore présent sur le lieu de la manifestation agressive du matin.

Manifestation et contre-manifestation.

Le parti Des Communistes a appelé à manifester contre la décision du parlement. Face au monument de Stefan-cel-Mare, l’extrême-droite commence à préparer une contre-manifestation, en brandissant un drapeau… roumain. Afin de faciliter la lecture des images de la galerie postée en fin d’article, j’ai postraité les photos des extrémistes en noir et blanc.

Manifestations à Chisinau.

Le noyau dur de l'extrême-droite locale se regroupe devant la statue de Stefan-cel-Mare. Une invalide, un porte-drapeau et l'inamovible... John Onoje.

La circulation des transports en commun ayant été interrompue, je prends un taxi pour photographier la manifestation des communistes. Je suis habitué à voir plus de journalistes que de manifestants, je suis donc surpris, en arrivant, de voir que c’est par milliers que les gens se mettent en place sur le bd Negruzzi. La manifestation s’ébranle et emprunte l’incontournable boulevard Stefan-cel-Mare en respectant le sens de circulation.

Elle arrive devant le siège du gouvernement où une grande tribune a été dressée. Une vingtaine d’extrémistes de droite sont déjà sur place, devant l’arc de triomphe, sur l’autre trottoir. Mais la police est présente et la taille du dispositif est suffisante pour éviter tout incident. Les extrémistes s’énervent tout seuls et tentent de se détendre en jouant De profundis, morpionibus à la trompette ! (peut-être que, pour eux, cet air burlesque à une signification cachée.)

Un autre cordon de police, bien moins dense que le premier, se déploie pour tenir les communistes à distance. Ces fonctionnaires-là portent une chasuble jaune. Les manifestants manœuvrent pour occuper l’espace qui leur a été réservé. Ils sont visiblement plus de 10 000 — les organisateurs annonceraient le double.

Je dois brièvement négocier avec les policiers pour passer d’une manif à l’autre afin de faire des photos. Craignant une provocation, ils me demandent de quel côté je manifeste. Une fois encore, le fait d’être français sert de sésame : « Je vous en prie, vive la France ! » me dit un officier, fier de connaître un peu de français.

Après un moment, les deux groupes ont été gentiment écartés l’un de l’autre et le trafic est rétabli. Je sais que ça peut paraître surréaliste, mais ce pays est surréaliste.

Les orateurs se succèdent, parlant russe ou moldave, et parfois un mélange des deux. Je ne comprends pas encore beaucoup de tout ça mais je saisis que l’on insiste sur la multiculturalité du pays et sur la richesse de son passé soviétique, on parle des Gagaouzes, des Ukrainiens… qui vivent ici depuis des siècles. Les consignes plusieurs fois répétées sont d’éviter tout incident avec les provocateurs et « s’il vous plaît, de rentrer à la maison ». Vladimir Voronine prend la parole le premier et la reprendra plus tard. Les slogans scandés par les participants sont, eux aussi, parfois en moldave (jos alianta : à bas l’alliance — celle des partis qui viennent d’élire un président) et parfois en russe (pobeda ! : victoire !).

Rendez-vous est pris pour de nouvelles actions à partir du 1er mai.

On se disperse en musique, une version « remix rock » de Bandiera rossa, paroles originales en italien.

Un pays surréaliste.

Des policiers affables, un communiste qui pense que Karl Marx a été inspiré par Stefan-cel-Mare, l’extrême-droite qui a pris un immigré africain fraîchement naturalisé comme mascotte… Ce pays est totalement incompréhensible au premier abord et ne se laisse approcher que lentement, et seulement si l’on veut se laisser apprivoiser par lui.

À la fin de la manifestation, un vieux communiste vient me voir et me demande si je sais d’où vient la tradition du martisor que je porte à la poitrine. Il tente alors de m’expliquer que ça vient des Daces. Il ajoute qu’il a étudié le Manifeste du Parti communiste, de Karl Marx et que, manifestement, c’est Stefan-cel-Mare (qui « était Dace » !) qui l’a inspiré. Ce gentil vieux monsieur parle moldave, russe, allemand et portugais. Malheureusement, nous n’avons pas encore de langage commun et je ne peux approfondir la question avec lui. Mais j’en reste un rien abasourdi.

En face, John Onoje est toujours le premier des manifestants. Récemment nationalisé, il parle mal moldave et pas du tout russe mais veut quand même devenir président de la République. Il semblerait que je n’ai pas été le seul à être surpris de le voir dans un costume de luxe, alors qu’il vivrait en vendant des journaux dans la rue. Aujourd’hui, il a mis une tenue plus en rapport avec son statut officiel qu’avec son ambition présidentielle. Ça ne nous dit toujours pas qui est derrière tout ça, et je ne suis pas sûr qu’on le sache un jour.

Non contente de manifester avec un Noir, ici, l’extrême-droite manifeste avec un drapeau étranger : le drapeau roumain. Surréalisme encore…

Et, ici, la police est très généralement courtoise et attentionnée, même en cas d’infraction, alors que beaucoup de commerçants sont de vrais gougnafiers et s’adressent brutalement à leurs clients…

Bon, il est temps de poster cet article, nous reviendrons sans doute bientôt sur ces sujets. Je vous livre, en vrac, une galerie de photos de cette journée de manifestations. Malheureusement sans celle du matin.

République moldave : L’ambassadeur étasunien ne sait pas où est la Moldavie…

L’ambassadeur étasunien en République moldave ne sait pas où est la Moldavie…

Rions un peu…

Le site étasunien RFE/RL vient de titrer : « Ambasadorul american la Chișinău William Moser: Statele Unite ajută Moldova să devină o țară europeană »

En français : « L’ambassadeur étasunien à Chisinau, William Moser : les USA aident la Moldavie à devenir un pays européen. »

C’est vrai qu’on a diantrement besoin de lui pour ça, la Moldavie se situant, comme chacun le sait, en Asie du Sud-Est…

Georges W Bush nous avait déjà habitués à quelques fantaisies géographiques, mais venir en Moldavie et ne pas savoir où elle est… où ne pas savoir où est l’Europe — pour mémoire, entre l’Atlantique et l’Oural  — ça peut encore surprendre. Il est vrai qu’à force de voir confondre la Moldavie et la Syldavie de Tintin et Milou, on devrait s’attendre à tout.

Cette « info » a été trouvée sur un site peu suspect de canulars « antiaméricains » : RFE/RL, organe officiel des États-Unis d’Amérique, financé d’abord par la CIA puis par le Congrès US.

Petite illustration pour l’édification des masses laborieuses, une carte de l’Europe (en gris foncé) où l’on voit la Moldavie (en vert) : en plein milieu, ou presque.

La Moldavie, au centre de l'Europe

La Moldavie, au centre de l'Europe

Moldavie, démographie : des chiffres inquiétants.

Moldavie, démographie : des chiffres inquiétants.

D’après le journal Timpul du 8 février 2012, la Moldavie aurait perdu un million d’habitants en 10 ans.

Le journal cite Lucia Spoială, du bureau national de la Statistique, qui aurait précisé que la population du pays était passée, depuis 2002, de 4,4 millions de personnes en à 3,5 millions environ.

À l’échelle du pays, il s’agit d’une grave dépression démographique, comparable à une perte de plus de 15 millions d’habitants pour un pays comme la France.

Le prochain recensement est prévu en 2014.

République moldave

République moldave

La Moldavie consolide sa force aérienne ?

D’après le site Karadeniz, la République moldave prévoirait d’acheter pour 24 millions de dollars (environ 17 millions d’euros) d’aéronefs militaires.

Lien en moldave : Avioane de lupta si elicoptere pentru armata R. Moldova

Il s’agirait d’avions et d’hélicoptères, sans plus de précision pour l’instant. Les seuls conflits internationaux envisageables pour la Moldavie pourraient avoir lieu (et de façon tout à fait théorique) soit avec la Roumanie, soit avec l’Ukraine. Dans les deux cas, les aéronefs seraient cloués au sol car potentiellement abattus dès le décollage par la DCA adverse, du fait de l’absence de profondeur stratégique du pays. Dans ce cas, comme dans le cadre de la défense de la souveraineté aérienne, un système de DCA par missiles semblerait plus pertinent. En effet,  un tel système peut être activé en un temps très bref et interdire l’espace aérien à tout aéronef hostile. Il constitue de plus une menace crédible au-delà des frontières. Tenant compte aussi de cette absence de profondeur stratégique, l’interception d’un aéronef suspect semble correspondre à une capacité peu probable, le suspect ayant le temps de traverser complètement le pays avant qu’un intercepteur, même en alerte maximale, ne puisse décoller et intervenir. Par ailleurs, la mise en place d’une patrouille aérienne permanente serait irréaliste à l’échelle du pays.

L’article cité parle aussi d’une possibilité d’engager ces moyens dans le cadre d’opérations de l’ONU.

Un jeune Moldave abattu par les garde-frontières roumains alors qu’il s’enfuyait.

Le 15 janvier, à Giurgiuleşti près de Galati, à la frontière entre la Moldavie et la Roumanie, un contrebandier moldave de 23 ans a été grièvement blessé par les garde-frontières roumains qui ont ouvert le feu alors qu’il tentait de s’enfuir.

Le citoyen moldave conduisait une Volkswagen dans laquelle on aurait trouvé 300 paquets de cigarettes. Lorsque que les douaniers roumains ont voulu fouiller son véhicule, il semble avoir pris peur et avoir fait demi-tour pour se réfugier dans son pays. Les gardes frontières roumains ont ouvert le feu, atteignant le jeune homme au niveau de la poitrine. Il a été recueilli par les garde-frontières moldaves et conduit vers l’hôpital de Cahul, où il a été opéré. Il aurait été touché à la rate, au pancréas et à l’estomac, son état serait grave mais stabilisé.

Les autorités roumaines semblent faire un usage excessif des armes à feu ainsi que l’indique ce rapport de l’ONG Amnesty international : « ROUMANIE, Recours excessif à l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois et nécessité de réforme légale. » Où l’on peut lire :

« Amnesty International réitère ses préoccupations en ce qui concerne l’utilisation de la force entraînant la mort, par les responsables roumains de l’application des lois. L’Organisation a en effet reçu des informations sur de nouvelles affaires qui confirment son inquiétude. Amnesty International est aussi préoccupée par le fait que la loi roumaine permet aux responsables de l’application des lois d’avoir recours aux armes à feu dans des circonstances interdites par les normes internationales qui sont définies dans les Principes de base des Nations unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois. Ceci pouvant amener la Roumanie à enfreindre les obligations que lui prescrit le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (International Convenant for Civil and Political Rights, ICCPR).« 

C’est la seconde fois en moins d’un mois qu’un Moldave est blessé par balles au niveau d’un poste frontière. Le précédent avait été mortellement blessé près de Vadul-lui-Voda alors que, semble-t-il, il venait de forcer le barrage des casques bleus avec son véhicule. Plusieurs petites manifestations avaient eu lieu pour protester contre cette mort.

Poste frontière roumain.

"Bienvenue en Roumanie, bienvenue dans l'Union européenne" (Photo NR2)

Chisinau – Tiraspol : début de réchauffement des relations ? La Transnistrie supprime les droits de douane spéciaux.

Les « droits de douane » spéciaux sur les marchandises « importées » du reste de la Moldavie vient d’être supprimé unilatéralement par la partie transnistrienne.

L’une des premières décisions du nouveau président de la province sécessionniste, Eugène Chevtchouk, aura donc été de supprimer la taxe de 100% sur les marchandises produites dans le reste de la Moldavie. Cette suppression va dans le sens d’un jeu « gagnant-gagnant » avec Chisinau. Le récent changement de pouvoir en Transnistrie pourrait peut-être faciliter un rapprochement entre les deux parties de la Moldavie, en conflit depuis une vingtaine d’années.

Cette taxe spéciale avait été mise en place en 2006 par le précédent président de la PMR, Igor Smirnov, en réponse à une tentative d’isolement de la province sécessionniste par Chişinău et l’ancien pouvoir ukrainien, celui de Iouchtchenko.

Poste frontière de la PMR

un "bureau de douane" transnistrien

Après la mort d’un automobiliste, manifestation antirusse à Chisinau.

Chisinau, Moldavie : Spectacle tsigane « Enigma Romilor »

Enigma Romilor à Chisinau : l'affiche du spectacle

Enigma Romilor à Chisinau : l'affiche du spectacle.

Ce soir, au théâtre « Ginta Latina » (centre de Chisinau), représentation de « Enigma Romilor ».

La prestation s’apparente plus à de la bonne variété et à de la « revue parisienne » inspirée par la culture tsigane qu’à Boban Markovic, Erika Serre ou Aline Miklos (clin d’œil aux Parisiens qui profitent régulièrement de ces deux grandes artistes). Il reste agréable, coloré, servi par de belles voix, des musiciens talentueux et des danseurs performants.

Quelques extraits en video sur « Youtube » :

J’en oublierais presque que, à la caisse, il a semblé nécessaire de me préciser que c’était des Roms, « mais des Roms intelligents » (sans blague ?). D’autant que, d’un point de vue professionnel, dans le but de casser un stéréotype, la démarche est techniquement justifiable. Je pense d’ailleurs que cette expression malheureuse venait vraiment d’un « bon sentiment ».

Pendant ce temps, nos « médias » continuent de dépeindre la Moldavie sous un jour particulièrement sinistre. Cela finira peut-être par influer plus sur leur réputation que sur celle de ce pays.

Rencontre au sommet entre Filat et Smirnov

Le premier ministre moldave et le président de la PMR se sont rencontrés en Allemagne.

Un pas vers la réconciliation ?

http://www.timpul.md/articol/oficial-premierul-vlad-filat-s-a-intalnit-cu-liderul-de-la-tiraspol-igor-smirnov-26983.html

Vlad Filat et Igor Smirnov

%d blogueurs aiment cette page :