Archives de Catégorie: Dans la rue

Chisinau : Incendie au centre-ville [photos]

Incendie aujourd’hui, 31 octobre, au centre de Chisinau, à proximité du centre commercial « Sun-City ».

Plusieurs véhicules d’intervention des pompiers étaient là quand je suis arrivé, quelques autres les rejoignirent rapidement.

Malgré un certain déficit d’organisation globale, j’ai pu observer que les hommes étaient très engagés et les équipes bien entraînées à travailler ensemble. À noter aussi un criant manque de matériel : un pompier, n’ayant pas d’outil individuel, a dû utiliser son casque pour briser une vitre.

Le meilleur appareil est celui que l’on a avec soi.

J’ai un peu regretté de ne pas avoir mon réflex et son beau télé, mais un compact dans la poche est toujours plus efficace qu’un reflex à la maison.

Quelques photos. (Comme d’habitude, vous pouvez « cliquer » pour les agrandir).

Un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, qui remercie la France.

En me promenant au centre de Chisinau, rue Pouchkine, j’ai croisé ces deux hommes. Le monsieur qui porte des lunettes est un héros de la guerre contre le fascisme, son « placard » de décorations est impressionnant. Tous deux ont fièrement épinglé le ruban de la Victoire (ruban de St Georges), comme de plus en plus de monde ici, en prévision de la grande fête de la Victoire, le 9 mai.

Ce monsieur a tenu à remercier la France pour sa participation au combat contre les fascistes !

J’espère que ce propos, aussi modeste que gentil et sincère, encouragera ceux qui, en France aussi, s’engagent pour que l’oubli et le mensonge révisionniste ne recouvrent pas la gloire des combattants.

Un vétéran moldave de la guerre contre le fascisme.

Un vétéran moldave de la guerre contre le fascisme.

Victoire sur la barbarie nazie : en Moldavie, la fête est déjà commencée :)

La victoire de la civilisation sur la fabrique de l’horreur sera fêtée le 9 mai, comme tous les ans.

En Moldavie, certains jeunes ont déjà commencé à honorer soldats et partisans : une sympathique manifestation a eu lieu au centre ville, aujourd’hui, 4 mai. Un grand ruban de la Victoire a été déployé tout le long de la place principale, en face du palais du Gouvernement.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la Moldavie a participé à l’écrasement du fascisme par l’Armée rouge. Ici, on sait se souvenir de ceux qui ont donné tant de sang et de larmes pour que, aujourd’hui, on puisse fêter leur victoire avec le sourire.

En 2009 (déjà !), j’avais publié un petit reportage sur le fête du 9 mai à Chișinău. J’y mentionnais la forte impression que m’avait laissée la reconnaissance exprimée pour les anciens, y compris par les plus jeunes. Vous pouvez lire ce reportage sur le 9 mai ici (et découvrir les photos). J’espère vous en proposer un nouveau dans quelques jours.

La tradition du Ruban de St Georges (ruban de la Victoire), à bandes oranges et noires (de gueules et de sable, diraient d’autres…) se développe d’année en année. Ce ruban est porté à la boutonnière, sur la sangle d’un sac, au poignet, dans les cheveux… pour célébrer à la fois la joie de la Victoire et le souvenir des combattants qui l’ont permise. On le voit aussi attaché au rétroviseur ou à l’antenne des voitures. J’espère qu’en France on verra bientôt ce symbole, à l’approche de l’anniversaire de la Victoire.

Après la manifestation, de petits groupes se sont répartis dans la ville, proposant des rubans à ceux, nombreux, qui souhaitaient les porter.

Quelques photos :

Ce diaporama nécessite JavaScript.

16 mars en Moldavie : un président, une manif des communistes et une manif d’extrême-droite. Photos.

Après trois ans sans président, le parlement moldave vient d’en élire un. Soixante-deux députés sur 101 ont voté pour Nicolae Timofti. Il en fallait 61, tout semble donc aller pour le mieux. À un détail près, la loi imposait la dissolution de la Chambre il y a quelques semaines, car elle n’avait pas élu de président à temps. Le parti Des Communistes (et non pas le Parti communiste, auto-dissout il y a des lustres) et quelques autres de moindre importance, considèrent donc, avec certains arguments légaux, que cette élection est anticonstitutionnelle car la Chambre n’avait plus de droit de siéger et encore moins de prendre une décision d’une telle importance.

À la suite de cette élection, il y a eu (au moins) trois manifestations aujourd’hui. Tout d’abord, ce matin, quelques centaines de personnes (deux mille selon les organisateurs), dont certaines très agressives, se sont réunies pour soutenir la décision du Parlement. Je suis arrivé trop tard sur le site qui était encore protégé par des barrières. La police anti-émeutes, que je voyais pour la première fois en Moldavie, était encore présente, bien que cachée dans un parking fermé. Leur tenue de protection de style « samouraï » faisait ressembler les fonctionnaires à de menaçants insectes géants. Il y avait aussi une équipe de policiers en civil sur place, une discrète oreillette transparente attestant de leur fonction, et quelques téléjournalistes.

Manifestations à Chisinau.

En fin de matinée, le barriérage est encore présent sur le lieu de la manifestation agressive du matin.

Manifestation et contre-manifestation.

Le parti Des Communistes a appelé à manifester contre la décision du parlement. Face au monument de Stefan-cel-Mare, l’extrême-droite commence à préparer une contre-manifestation, en brandissant un drapeau… roumain. Afin de faciliter la lecture des images de la galerie postée en fin d’article, j’ai postraité les photos des extrémistes en noir et blanc.

Manifestations à Chisinau.

Le noyau dur de l'extrême-droite locale se regroupe devant la statue de Stefan-cel-Mare. Une invalide, un porte-drapeau et l'inamovible... John Onoje.

La circulation des transports en commun ayant été interrompue, je prends un taxi pour photographier la manifestation des communistes. Je suis habitué à voir plus de journalistes que de manifestants, je suis donc surpris, en arrivant, de voir que c’est par milliers que les gens se mettent en place sur le bd Negruzzi. La manifestation s’ébranle et emprunte l’incontournable boulevard Stefan-cel-Mare en respectant le sens de circulation.

Elle arrive devant le siège du gouvernement où une grande tribune a été dressée. Une vingtaine d’extrémistes de droite sont déjà sur place, devant l’arc de triomphe, sur l’autre trottoir. Mais la police est présente et la taille du dispositif est suffisante pour éviter tout incident. Les extrémistes s’énervent tout seuls et tentent de se détendre en jouant De profundis, morpionibus à la trompette ! (peut-être que, pour eux, cet air burlesque à une signification cachée.)

Un autre cordon de police, bien moins dense que le premier, se déploie pour tenir les communistes à distance. Ces fonctionnaires-là portent une chasuble jaune. Les manifestants manœuvrent pour occuper l’espace qui leur a été réservé. Ils sont visiblement plus de 10 000 — les organisateurs annonceraient le double.

Je dois brièvement négocier avec les policiers pour passer d’une manif à l’autre afin de faire des photos. Craignant une provocation, ils me demandent de quel côté je manifeste. Une fois encore, le fait d’être français sert de sésame : « Je vous en prie, vive la France ! » me dit un officier, fier de connaître un peu de français.

Après un moment, les deux groupes ont été gentiment écartés l’un de l’autre et le trafic est rétabli. Je sais que ça peut paraître surréaliste, mais ce pays est surréaliste.

Les orateurs se succèdent, parlant russe ou moldave, et parfois un mélange des deux. Je ne comprends pas encore beaucoup de tout ça mais je saisis que l’on insiste sur la multiculturalité du pays et sur la richesse de son passé soviétique, on parle des Gagaouzes, des Ukrainiens… qui vivent ici depuis des siècles. Les consignes plusieurs fois répétées sont d’éviter tout incident avec les provocateurs et « s’il vous plaît, de rentrer à la maison ». Vladimir Voronine prend la parole le premier et la reprendra plus tard. Les slogans scandés par les participants sont, eux aussi, parfois en moldave (jos alianta : à bas l’alliance — celle des partis qui viennent d’élire un président) et parfois en russe (pobeda ! : victoire !).

Rendez-vous est pris pour de nouvelles actions à partir du 1er mai.

On se disperse en musique, une version « remix rock » de Bandiera rossa, paroles originales en italien.

Un pays surréaliste.

Des policiers affables, un communiste qui pense que Karl Marx a été inspiré par Stefan-cel-Mare, l’extrême-droite qui a pris un immigré africain fraîchement naturalisé comme mascotte… Ce pays est totalement incompréhensible au premier abord et ne se laisse approcher que lentement, et seulement si l’on veut se laisser apprivoiser par lui.

À la fin de la manifestation, un vieux communiste vient me voir et me demande si je sais d’où vient la tradition du martisor que je porte à la poitrine. Il tente alors de m’expliquer que ça vient des Daces. Il ajoute qu’il a étudié le Manifeste du Parti communiste, de Karl Marx et que, manifestement, c’est Stefan-cel-Mare (qui « était Dace » !) qui l’a inspiré. Ce gentil vieux monsieur parle moldave, russe, allemand et portugais. Malheureusement, nous n’avons pas encore de langage commun et je ne peux approfondir la question avec lui. Mais j’en reste un rien abasourdi.

En face, John Onoje est toujours le premier des manifestants. Récemment nationalisé, il parle mal moldave et pas du tout russe mais veut quand même devenir président de la République. Il semblerait que je n’ai pas été le seul à être surpris de le voir dans un costume de luxe, alors qu’il vivrait en vendant des journaux dans la rue. Aujourd’hui, il a mis une tenue plus en rapport avec son statut officiel qu’avec son ambition présidentielle. Ça ne nous dit toujours pas qui est derrière tout ça, et je ne suis pas sûr qu’on le sache un jour.

Non contente de manifester avec un Noir, ici, l’extrême-droite manifeste avec un drapeau étranger : le drapeau roumain. Surréalisme encore…

Et, ici, la police est très généralement courtoise et attentionnée, même en cas d’infraction, alors que beaucoup de commerçants sont de vrais gougnafiers et s’adressent brutalement à leurs clients…

Bon, il est temps de poster cet article, nous reviendrons sans doute bientôt sur ces sujets. Je vous livre, en vrac, une galerie de photos de cette journée de manifestations. Malheureusement sans celle du matin.

Moldavie, 1er mars : vive le printemps !

Mărțișor fericit !

À l’Est et au centre de l’Europe, le printemps commence le 1er mars.

En Moldavie, c’est l’occasion d’épingler sur la poitrine un martisor : deux pompons, l’un rouge et l’autre blanc, reliés par un fil torsadé rouge et blanc. Il s’agit d’aider le printemps à vaincre l’hiver qui finit.

Nous reviendrons bientôt sur cette très ancienne tradition balkanique qui s’est maintenue, sous des formes un peu différentes, en Moldavie, mais aussi en Roumanie et en Bulgarie. En Bulgarie, les mărțișori sont appelés « мартинеци » (martinetsi).

À Chișinău, c’est l’occasion d’une activité d’appoint pour de nombreuses personnes qui les préparent à la maison puis les vendent au centre-ville. Beaucoup d’entre elles, évidemment, s’installent sur le boulevard Stefan-cel-Mare, l’un des principaux lieux de passages de la ville.

Plus d’explications et d’autres photos, bientôt sur www.moldoblog.com

Chisinau : vente de martisor boulevard Stefan-cel-Mare

Chisinau : vente de martisori boulevard Stefan-cel-Mare

Moldavie, 23 février : « Merci, grand-père, pour la Victoire ! »

Moldavie, 23 février : « Merci, grand-père, pour la Victoire ! »

Le 23 février est la date anniversaire du décret portant création de l’Armée Rouge. C’est maintenant le jour du défenseur de la Patrie, qui joue, en Russie, un rôle un peu complémentaire de celui du 8 mars, le jour de la Femme.
La Moldavie n’a pas oublié sa courageuse participation au combat contre le nazisme de l’ensemble des peuples soviétiques et, en cette occasion, un petit-fils anonyme à garé ce side-car historique à l’angle du boulevard Stefan-cel-Mare et de la rue Ismaïl. On peut y lire, à l’arrière : « merci, grand-père, pour la Victoire » — la Victoire (Pobeda) avec une capitale est évidemment celle qui a vu 85% du potentiel militaire des fascistes (allemands et leurs alliés) détruit sur le front de l’Est. À l’avant est écrit : « Pour la Mère patrie (rodina), 1941-45. »
Combien de petits-fils de partisans et FFL français rendront un tel hommage à leur grand-père ?

23 février : "Merci, grand-père, pour la Victoire." (side-car soviétique)

23 février : "Merci, grand-père, pour la Victoire." (side-car soviétique)

Grand froid, Moldavie : des tentes chauffées fournies par la police

On annonce -33°C dans certaines régions. Même si les températures ont tendance à remonter un peu, les minimales dans la capitale sont passées sous les -20°C. Il y a eu plusieurs cas de personnes admises à l’hôpital pour hypothermie. Les médias ont même signalé un décès dû au froid.

Mais les autorités réagissent. Par exemple cette tente gonflée à l’air chaud a été installée à Chișinău. On peut s’y voir offrir du thé chaud, de l’eau minérale et des biscuits. Elle est ravitaillée par un véhicule de la direction de la Protection civile et des Situations exceptionnelles, qui dépend du ministère de l’Intérieur. La presse annonce dix installations similaires dans la capitale ainsi que d’autres à Bălți, Cahul et Komrat.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

%d blogueurs aiment cette page :