Impressions d’une Française en Moldavie : Marion, journaliste.

Cet article inaugure une nouvelle rubrique : Des Français en Moldavie. Nous souhaitons que nos lecteurs puissent partager le regard de personnes réelles, qui ont passé du temps ici, loin de l’influence des médias officiels.

Aujourd’hui, une interview de Marion, jeune journaliste qui a vécu à Chisinau.

Marion Roussey, journaliste

Bonjour Marion, pourrais-tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle Marion et je viens de France, plus précisément de Lyon même si, ayant multiplié les expériences à l’étranger depuis quelques années, je ne reviens chez moi que de temps en temps. Après avoir effectué des études de sciences politiques et de droit, j’ai décidé d’investir davantage de mon temps dans une passion que je nourrissais déjà depuis longtemps, celle du journalisme. C’est ainsi que je me suis retrouvée avec en main un billet d’avion pour la Moldavie.

Qu’est-ce qui t’a amenée en Moldavie, combien de temps y es-tu restée ?

j’ai commencé par chercher des offres de stages dans le journalisme en Europe. J’ai alors entendu parler d’un programme européen récemment mis en place : le service volontaire européen, lequel propose à de jeunes candidats d’aller travailler bénévolement dans l’un des pays membre du programme en échange d’une bourse et d’un support pédagogique et linguistique. J’ai postulé pour venir travailler pendant six mois au Centre de journalisme indépendant à Chișinău. Une fois sur place, j’ai accumulé d’autres projets (rédactrice pour un journal français, professeur dans un institut) afin de multiplier les expériences.

Tu avais certaines attentes, certains préjugés, avant de venir ? Comment tout cela a-t-il résisté à ton séjour ? Qu’est-ce qui t’a le plus surprise ?

La Moldavie est un pays méconnu en France et les informations relatées par la presse en donnent une vision assez négative. Je m’attendais à rencontrer des gens pauvres, menés par une politique corrompue et affichant une attitude froide et austère à l’image des personnages de Tintin et le sceptre d’Ottokar. La plupart de ces préjugés ont bien évidemment été balayés dès mon arrivée. Il m’a toutefois fallu attendre et faire beaucoup d’efforts avant de pouvoir réellement m’intégrer dans la société moldave. Si le mode de vie parait proche de l’Europe de l’Ouest, la mentalité diffère cependant et maitriser les deux langues pratiquées m’est rapidement apparu vital. Ce qui m’a le plus surprise en revanche, c’est cette bipolarité ancrée dans l’histoire et les mentalités, et perceptible dans tous les domaines. Comme animée d’un conflit ethnique, la Moldavie semble divisée en deux : les russophones d’un côté et les roumanophones de l’autre.

Es-tu allée jusqu’en Transnistrie ? Qu’en as-tu retenu ?

Bien qu’on me l’ait fortement déconseillé, je me suis rendue à Tiraspol, la capitale de cette région séparatiste qu’est la Transnistrie. Je n’ai rencontré aucun problème à la frontière si ce n’est une longue attente et des papiers à remplir dans lesquels je devais préciser que j’étais touriste. A Tiraspol l’unique langue pratiquée est le russe. On pouvait percevoir la présence de Moscou à travers des signes de propagande et l’aménagement des rues. Les Transnistriens que l’on a rencontrés se sont montrés très aimables avec nous.

Pour toi, la Moldavie en quelques adjectifs, ça donnerait quoi ?

De tous les pays que j’ai pu voir jusqu’à présent, la Moldavie est celui qui m’apparait le plus fascinant. Avec une histoire riche et une situation géopolitique extrêmement complexe, elle renferme un mélange de civilisations et offre à celui qui vient la visiter un panorama culturel impressionnant.

Sur le plan professionnel, que t’as apporté ton séjour ?

Les expériences au centre de journalisme et en tant que rédactrice pour le journal français m’ont ouvert un nouvel horizon : celui du journalisme international. J’ai eu un aperçu très complet du métier avec ses avantages et ses difficultés. Aujourd’hui installée en Argentine afin de poursuivre des études, j’espère pouvoir continuer dans cette direction et toujours en apprendre davantage sur le plan professionnel comme personnel.

Depuis que tu es partie, qu’est-ce qui te manque le plus ?

Mes amis, mes collègues ainsi que les nombreuses personnes rencontrées au cours de mon séjour me manquent énormément. En six mois, j’avais eu le temps de construire une nouvelle vie qui me plaisait beaucoup. Et comme souvent dans ces cas là, ce sont les petits détails de la vie quotidienne qui manquent le plus : les marshrutkas dans la rue, les passants conversant tour à tour en roumain et en russe, les odeurs etc.

On te reverra ici ?

Je compte revenir. Je ne sais encore quand et j’ai peur de ne jamais pouvoir retrouver ce que je viens de laisser mais même si le temps passe, les souvenirs restent.

Et si je te laisse conclure ?

J’ai déjà suffisamment parlé de moi. J’aimerais en revanche conseiller à tous les lecteurs qui liront ce blog, de ne jamais avoir peur de tenter une nouvelle expérience. La vie est très courte mais celui qui voyage renait un peu à chaque nouvelle destination !

Marion sur Facebook.

Un blog, par Marion.

(Interview réalisée par internet.)

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8 mars en Moldavie : Bonne fête à toutes les femmes !

Moldoblog souhaite joie et bonheur à toutes les femmes !

Dans tous les pays, le 8 mars est la journée des femmes. La Moldavie a conservé la tradition soviétique d’en faire un jour férié.

C’est aussi un peu  la fête des fleuristes — incroyablement nombreux ici, et ouverts parfois 24h sur 24 — car beaucoup de passantes et de passants marchent dans la rue un bouquet à la main.

On se congratule les femmes que l’on rencontre, que ce soit en russe ou en moldave. Et parfois dans les deux langues pratiquées par tout le monde ici, pour faire bonne mesure…

С праздником ! (« s prazdnikom ! »)

La mulți ani ! (« la mults an’ ! »)

Et les femmes ne râlent pas quand on leur souhaite une bonne journée de la femme : ici, ça leur fait plaisir !

Une rose pour la Journée des femmes

Moldavie, 1er mars : vive le printemps !

Mărțișor fericit !

À l’Est et au centre de l’Europe, le printemps commence le 1er mars.

En Moldavie, c’est l’occasion d’épingler sur la poitrine un martisor : deux pompons, l’un rouge et l’autre blanc, reliés par un fil torsadé rouge et blanc. Il s’agit d’aider le printemps à vaincre l’hiver qui finit.

Nous reviendrons bientôt sur cette très ancienne tradition balkanique qui s’est maintenue, sous des formes un peu différentes, en Moldavie, mais aussi en Roumanie et en Bulgarie. En Bulgarie, les mărțișori sont appelés « мартинеци » (martinetsi).

À Chișinău, c’est l’occasion d’une activité d’appoint pour de nombreuses personnes qui les préparent à la maison puis les vendent au centre-ville. Beaucoup d’entre elles, évidemment, s’installent sur le boulevard Stefan-cel-Mare, l’un des principaux lieux de passages de la ville.

Plus d’explications et d’autres photos, bientôt sur www.moldoblog.com

Chisinau : vente de martisor boulevard Stefan-cel-Mare

Chisinau : vente de martisori boulevard Stefan-cel-Mare

République moldave : L’ambassadeur étasunien ne sait pas où est la Moldavie…

L’ambassadeur étasunien en République moldave ne sait pas où est la Moldavie…

Rions un peu…

Le site étasunien RFE/RL vient de titrer : « Ambasadorul american la Chișinău William Moser: Statele Unite ajută Moldova să devină o țară europeană »

En français : « L’ambassadeur étasunien à Chisinau, William Moser : les USA aident la Moldavie à devenir un pays européen. »

C’est vrai qu’on a diantrement besoin de lui pour ça, la Moldavie se situant, comme chacun le sait, en Asie du Sud-Est…

Georges W Bush nous avait déjà habitués à quelques fantaisies géographiques, mais venir en Moldavie et ne pas savoir où elle est… où ne pas savoir où est l’Europe — pour mémoire, entre l’Atlantique et l’Oural  — ça peut encore surprendre. Il est vrai qu’à force de voir confondre la Moldavie et la Syldavie de Tintin et Milou, on devrait s’attendre à tout.

Cette « info » a été trouvée sur un site peu suspect de canulars « antiaméricains » : RFE/RL, organe officiel des États-Unis d’Amérique, financé d’abord par la CIA puis par le Congrès US.

Petite illustration pour l’édification des masses laborieuses, une carte de l’Europe (en gris foncé) où l’on voit la Moldavie (en vert) : en plein milieu, ou presque.

La Moldavie, au centre de l'Europe

La Moldavie, au centre de l'Europe

Moldavie, 23 février : « Merci, grand-père, pour la Victoire ! »

Moldavie, 23 février : « Merci, grand-père, pour la Victoire ! »

Le 23 février est la date anniversaire du décret portant création de l’Armée Rouge. C’est maintenant le jour du défenseur de la Patrie, qui joue, en Russie, un rôle un peu complémentaire de celui du 8 mars, le jour de la Femme.
La Moldavie n’a pas oublié sa courageuse participation au combat contre le nazisme de l’ensemble des peuples soviétiques et, en cette occasion, un petit-fils anonyme à garé ce side-car historique à l’angle du boulevard Stefan-cel-Mare et de la rue Ismaïl. On peut y lire, à l’arrière : « merci, grand-père, pour la Victoire » — la Victoire (Pobeda) avec une capitale est évidemment celle qui a vu 85% du potentiel militaire des fascistes (allemands et leurs alliés) détruit sur le front de l’Est. À l’avant est écrit : « Pour la Mère patrie (rodina), 1941-45. »
Combien de petits-fils de partisans et FFL français rendront un tel hommage à leur grand-père ?

23 février : "Merci, grand-père, pour la Victoire." (side-car soviétique)

23 février : "Merci, grand-père, pour la Victoire." (side-car soviétique)

Mésanges dans un arbre enneigé (photos) :)

Moldavie, démographie : des chiffres inquiétants.

Moldavie, démographie : des chiffres inquiétants.

D’après le journal Timpul du 8 février 2012, la Moldavie aurait perdu un million d’habitants en 10 ans.

Le journal cite Lucia Spoială, du bureau national de la Statistique, qui aurait précisé que la population du pays était passée, depuis 2002, de 4,4 millions de personnes en à 3,5 millions environ.

À l’échelle du pays, il s’agit d’une grave dépression démographique, comparable à une perte de plus de 15 millions d’habitants pour un pays comme la France.

Le prochain recensement est prévu en 2014.

République moldave

République moldave

La Moldavie consolide sa force aérienne ?

D’après le site Karadeniz, la République moldave prévoirait d’acheter pour 24 millions de dollars (environ 17 millions d’euros) d’aéronefs militaires.

Lien en moldave : Avioane de lupta si elicoptere pentru armata R. Moldova

Il s’agirait d’avions et d’hélicoptères, sans plus de précision pour l’instant. Les seuls conflits internationaux envisageables pour la Moldavie pourraient avoir lieu (et de façon tout à fait théorique) soit avec la Roumanie, soit avec l’Ukraine. Dans les deux cas, les aéronefs seraient cloués au sol car potentiellement abattus dès le décollage par la DCA adverse, du fait de l’absence de profondeur stratégique du pays. Dans ce cas, comme dans le cadre de la défense de la souveraineté aérienne, un système de DCA par missiles semblerait plus pertinent. En effet,  un tel système peut être activé en un temps très bref et interdire l’espace aérien à tout aéronef hostile. Il constitue de plus une menace crédible au-delà des frontières. Tenant compte aussi de cette absence de profondeur stratégique, l’interception d’un aéronef suspect semble correspondre à une capacité peu probable, le suspect ayant le temps de traverser complètement le pays avant qu’un intercepteur, même en alerte maximale, ne puisse décoller et intervenir. Par ailleurs, la mise en place d’une patrouille aérienne permanente serait irréaliste à l’échelle du pays.

L’article cité parle aussi d’une possibilité d’engager ces moyens dans le cadre d’opérations de l’ONU.

Chisinau : le jardin public sous la neige.

Chisinau, Moldavie : la statue de Pouchkine prise pour cible

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